Emprunter à deux : ce que vous devez absolument savoir avant de signer votre crédit immobilier

Marc Pilette
Par Marc Pilette - Mis à jour le 24/05/2026
2 min de lecture
Couple signant des documents de prêt immobilier chez un notaire

Acheter à deux, c'est souvent plus simple, du moins en apparence. Mettre en commun ses revenus, partager les mensualités, accéder à un bien plus grand : les avantages semblent évidents. Mais avant de signer, quelques mécanismes essentiels méritent d'être bien compris, car ils engagent chacun d'entre vous sur toute la durée du prêt.

Deux signatures, une responsabilité pleine et entière pour chacun

Dès lors que vous empruntez à deux, vous devenez co-emprunteurs. Chaque signataire est engagé dans le contrat et dispose des mêmes droits et obligations, principalement celle de participer de façon solidaire au remboursement des sommes dues à l'établissement prêteur. Concrètement, si l'un cesse de payer, l'autre doit assumer la totalité des mensualités. Ce n'est pas une clause anecdotique : c'est l'un des fondements du co-emprunt.

Un co-emprunteur est une personne qui s'engage conjointement avec l'emprunteur principal à rembourser le prêt. Il peut être un conjoint, un membre de la famille, un ami, ou même un associé. À l'inverse d'un couple marié, des concubins n'ont pas d'engagement solidaire des dettes sur d'autres postes, mais le contrat de prêt lui-même les lie solidairement. Votre statut, marié, pacsé ou en concubinage, influence donc la portée réelle de cet engagement. Mieux vaut le vérifier avant de signer.

La quotité d'assurance : le choix qui protège vraiment votre foyer

La quotité correspond à la part de capital à garantir par l'assureur en cas de décès, d'invalidité ou de perte définitive d'autonomie. Elle fixe la répartition de la couverture fournie par l'assureur entre les co-emprunteurs. C'est cette répartition qui détermine ce qu'il restera à rembourser au co-emprunteur survivant en cas de sinistre. Un choix mal calibré peut fragiliser durablement la situation financière du foyer.

Si vous empruntez à deux, vous êtes libres de répartir cette quotité totale entre vous comme vous le souhaitez, du moment que le total atteint au minimum 100 % de couverture et au maximum 200 % en tout. Selon les revenus du couple, il peut être judicieux d'attribuer un pourcentage plus élevé à l'emprunteur disposant du revenu le plus important, par exemple 60 % / 40 % ou 70 % / 30 %. Trois configurations sont possibles :

  • 50 % / 50 % : chaque co-emprunteur couvre la moitié du capital. Adapté si vos revenus sont similaires.
  • Répartition inégale (60/40, 70/30) : à privilégier si l'un contribue davantage au remboursement.
  • 100 % / 100 % : en cas de sinistre affectant l'un des emprunteurs, l'assurance prend en charge l'intégralité du capital restant dû, libérant ainsi le co-emprunteur survivant de toute obligation de remboursement. Cette option est la plus onéreuse.

Co-emprunteur ne veut pas dire co-propriétaire : une distinction capitale

Il ne faut pas confondre co-emprunteurs et co-acquéreurs : même si des co-emprunteurs empruntent pour devenir propriétaires ensemble, ceux-ci doivent tous deux signer l'acte de vente authentique pour être co-acquéreurs. Emprunter ensemble n'implique donc pas automatiquement de détenir le bien à parts égales. Cette précision est décisive, notamment en cas de séparation ou de succession.

Le plus souvent, le bien est revendu et le prêt remboursé par anticipation. Mais si l'un des deux co-emprunteurs souhaite garder le logement, il peut engager une démarche de désolidarisation, indiquant qu'il renonce à demander au co-emprunteur les sommes qui lui incombaient. Il devient ainsi l'unique garant du crédit en cours. Cette procédure demande l'accord de la banque et suppose que le co-emprunteur restant puisse seul assumer le crédit. Anticiper ce scénario dès la signature, c'est se protéger sereinement.

Emprunter à deux ouvre souvent la voie à un projet immobilier plus ambitieux. Mais c'est aussi souscrire un engagement juridique et financier solide, qui mérite d'être compris dans ses moindres détails avant de parapher la moindre ligne. Prendre le temps de vérifier chaque clause, d'optimiser la quotité et de clarifier la propriété du bien, c'est la meilleure façon de démarrer ce projet du bon pied, à deux et en confiance.

Marc Pilette
Par Marc Pilette, Directeur marketing
Mis à jour le 24/05/2026 à 00:05
Marc a commencé sa carrière en 2007, se spécialisant dans le secteur bancaire et immobilier. Il a travaillé pour de grands groupes comme la Caisse d’Epargne ou Nexity, apportant son expertise sur ces domaines. Depuis 2017 chez CAFPI, Marc est directeur marketing. Il fait des contributions significatives en rédigeant sur des sujets tels que le crédit immobilier et le rachat de crédits. Au-delà d’apporter une expertise, ses écrits ont pour objectif d’aider nos lecteurs à naviguer dans ces domaines complexes. > Linkedin
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