Pourquoi le conflit au Moyen-Orient pèse aussi sur votre projet immobilier neuf

Frédérique Moles
Par Frédérique Moles - Mis à jour le 14/05/2026
2 min de lecture
Chantier immobilier neuf avec grues et matériaux de construction et ouvrier

Un détroit à des milliers de kilomètres de la France, et votre futur appartement neuf pourrait déjà coûter plus cher. Depuis le 28 février 2026, les frappes au Moyen-Orient ont provoqué des perturbations dans le détroit d'Ormuz, qui concentre environ 20 % des flux mondiaux de pétrole, faisant bondir les cours de l'énergie en quelques jours. Ce choc géopolitique se répercute directement sur le marché du logement neuf en France, à travers trois canaux bien identifiés.

Des matériaux de construction sous pression immédiate

Selon une étude publiée le 3 avril 2026 par la Confédération de l'Artisanat et des Petites Entreprises du Bâtiment (Capeb), 92 % des entreprises artisanales ont été affectées par la flambée du prix du pétrole depuis le 28 février. La mécanique est simple : dès que l'énergie flambe, tout ce qui contient du pétrole ou nécessite de l'énergie pour être fabriqué grimpe avec elle.

La Fédération française du bâtiment (FFB) relève une hausse des prix pouvant atteindre 35 % pour les membranes bitumineuses, utilisées pour l'étanchéité des bâtiments, et de 20 % pour certains produits plastiques, comme le PVC et certains isolants en polystyrène. Les matériaux les plus concernés sont ceux dérivés du pétrole, tels que les bitumes ou les polystyrènes, mais aussi les métaux comme le cuivre et l'aluminium, dont la production est très énergivore. Plus surprenant, certains matériaux moins directement liés aux hydrocarbures, comme le bois, subissent également des hausses, en raison des colles et liants issus de la pétrochimie utilisés dans leur transformation.

Votre contrat VEFA : ce que vous devez vérifier dès maintenant

Si vous avez signé ou vous apprêtez à signer un achat sur plan, la situation mérite une attention particulière. Les contrats de vente en état futur d'achèvement (VEFA) peuvent inclure une clause de révision de prix indexée sur l'indice du coût de la construction (ICC) publié par l'INSEE. Cette révision reste encadrée : elle ne peut porter que sur 60 % à 80 % de la variation de l'indice, et s'applique uniquement à la phase du contrat de réservation, jamais après la signature du contrat définitif.

Relire attentivement votre contrat de réservation avant la signature définitive est donc un réflexe concret à adopter. Lors de la guerre en Ukraine, l'ICC avait bondi de 6 % en 2022 et de 14,3 % en deux ans. Si le conflit actuel s'inscrit dans la durée, un scénario comparable n'est pas à exclure. Les promoteurs, eux, sont dans une position délicate : le marché ne leur permet pas de répercuter facilement ces surcoûts, alors que leurs marges tournent déjà autour de 5 %.

Les taux de crédit dans le viseur : quelle vigilance adopter ?

Le pire pourrait venir d'une hausse des taux d'intérêt, qui freinerait particuliers et bailleurs sociaux dans leurs projets immobiliers. Si les prix de l'énergie repartent à la hausse, plusieurs conséquences sont possibles : une inflation plus persistante, un ralentissement de la baisse des taux directeurs, une remontée des taux obligataires et, à terme, un coût du crédit immobilier plus élevé. Les taux obligataires français (OAT 10 ans) ont d'ores et déjà grimpé à 3,70 %. Ce sont précisément ces taux qui dictent, indirectement, le coût du crédit immobilier.

Sécuriser son financement dès maintenant est une décision d'autant plus stratégique dans ce contexte. Les taux sur 20 ans s'affichent actuellement autour de 3,11 % au niveau national. L'évolution des taux d'intérêt reste à surveiller de près, car elle pourrait avoir des répercussions considérables sur le marché immobilier, même si jusqu'à présent les taux n'ont pas connu d'envolée spectaculaire. Les fondamentaux du marché français restent présents : demande structurelle forte, taux de chômage contenu à 7,9 %, banques offensives sur le crédit, primo-accédants qui représentent 52 % des emprunteurs au premier trimestre 2026.

Un conflit lointain ne condamne pas votre projet immobilier. Il l'invite à être mieux préparé. Vérifier votre contrat VEFA, conforter votre plan de financement et agir avec méthode : voilà ce qui transforme une période incertaine en opportunité bien maîtrisée.

Frédérique Moles
Par Frédérique Moles, Chef de projet marketing digital
Mis à jour le 14/05/2026 à 13:59
Frédérique a commencé sa carrière en 2011, se spécialisant dans le marketing pour le secteur immobilier. Au fil des années, elle a acquis une solide expérience et des connaissances approfondies dans ce domaine. En 2017, elle a rejoint CAFPI, élargissant son champ d’expertise pour inclure le crédit immobilier et l’assurance emprunteur. Sa contribution significative à ces domaines est démontrée par ses nombreux écrits sur ces sujets sur le site www.cafpi.fr. Actuellement, elle est en charge des activités digitales sur le site CAFPI, où elle continue de faire preuve de son expertise et de son engagement pour rendre accessible le monde parfois complexe du crédit immobilier et de l’assurance emprunteur. > Linkedin
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