Le critère "reste à vivre" bientôt pris en compte pour votre crédit immobilier ?

Frédérique Moles
Par Frédérique Moles - Mis à jour le 11/05/2026
1 min de lecture
Femme examinant des documents de prêt immobilier avec conseiller bancaire

Deux emprunteurs, même taux d'endettement à 33 %, même profil en apparence. L'un obtient son prêt, l'autre non. La différence ? Ce qu'il leur reste à vivre chaque mois après paiement de leurs mensualités. Ce critère, longtemps dans l'ombre de la règle des 35 %, a failli changer les règles du jeu en 2026. Voici ce qui s'est passé et ce que cela signifie concrètement pour votre projet.

Le "reste à vivre", ce critère que les banques utilisent déjà en silence

Le reste à vivre mesure la capacité d'un ménage à couvrir ses dépenses courantes après le paiement des charges fixes. Concrètement, il s'agit de la somme disponible chaque mois une fois la mensualité du crédit et les charges fixes réglées. Les banques y regardent de près, surtout pour les revenus élevés avec charges importantes.

Ce critère peut faire basculer un dossier dans un sens comme dans l'autre. Un reste à vivre élevé peut compenser un taux d'endettement proche ou légèrement supérieur à 35 %. À l'inverse, un ménage à faibles revenus peut se voir refuser un crédit même à 30 % d'endettement si le reste à vivre est insuffisant. Les banques appliquent leurs propres barèmes internes, généralement autour de 700 à 900 € par adulte et 300 à 400 € par enfant à charge.

Une proposition de loi prometteuse… retirée au dernier moment

En avril 2026, le débat a connu son point culminant avec la proposition de loi du député Renaissance Lionel Causse, soutenue par Bercy, qui visait à permettre aux banques de s'affranchir de la règle des 35 % en s'appuyant sur le reste à vivre des emprunteurs solvables. L'intention était claire : ouvrir l'accès au crédit à des ménages solvables mais bloqués par un calcul trop mécanique.

Le texte a été retiré dans la nuit du 29 au 30 avril 2026, après l'opposition frontale de la Banque de France et de la BCE, hostiles à toute évolution qui affaiblirait la stabilité financière. Résultat : la règle des 35 % reste l'unique boussole officielle, et aucun assouplissement réglementaire n'est attendu à court terme. Une nouvelle initiative législative est possible, mais l'opposition de la Banque de France et de la BCE rend tout changement rapide improbable.

Ce que vous pouvez faire dès aujourd'hui pour optimiser votre dossier

L'absence de réforme ne signifie pas l'absence de leviers. 20 % des dossiers peuvent légalement dépasser le seuil des 35 %, et la marge n'est utilisée qu'à 17,1 % actuellement selon la Banque de France (données T4 2025). Il reste donc de la capacité de dérogation disponible, mais les banques ne la distribuent pas automatiquement. Un dossier bien construit peut en bénéficier.

Plusieurs actions concrètes permettent d'améliorer votre situation :

  • Opter pour une délégation d'assurance emprunteur, qui réduit mécaniquement votre taux d'effort
  • Rembourser par anticipation un crédit à la consommation en cours avant de déposer votre dossier
  • Intégrer l'ensemble de vos revenus (primes contractuelles, revenus locatifs à 70 %, dividendes) selon la politique de chaque établissement
  • Maximiser votre apport personnel pour réduire la mensualité projetée

Toutes les banques n'analysent pas les dossiers de la même manière, même si elles respectent les règles du HCSF. Dans un contexte réglementé, la stratégie bancaire devient un véritable levier. Cibler les établissements les plus favorables à votre profil, avec l'expertise d'un courtier immobilier, permet déjà d'optimiser vos chances d'obtenir votre financement.

Le critère du reste à vivre n'a pas encore obtenu sa reconnaissance officielle dans la loi. Mais il pèse déjà dans les décisions bancaires, et comprendre comment il s'applique à votre situation, c'est se donner une longueur d'avance sur votre projet immobilier.

Frédérique Moles
Par Frédérique Moles, Chef de projet marketing digital
Mis à jour le 11/05/2026 à 10:30
Frédérique a commencé sa carrière en 2011, se spécialisant dans le marketing pour le secteur immobilier. Au fil des années, elle a acquis une solide expérience et des connaissances approfondies dans ce domaine. En 2017, elle a rejoint CAFPI, élargissant son champ d’expertise pour inclure le crédit immobilier et l’assurance emprunteur. Sa contribution significative à ces domaines est démontrée par ses nombreux écrits sur ces sujets sur le site www.cafpi.fr. Actuellement, elle est en charge des activités digitales sur le site CAFPI, où elle continue de faire preuve de son expertise et de son engagement pour rendre accessible le monde parfois complexe du crédit immobilier et de l’assurance emprunteur. > Linkedin
Obtenez le meilleur taux
pour votre crédit immobilier
  • 3 minutes
  • Sans engagement
  • 200 agences