Compromis ou promesse de vente : quelles différences et quel impact sur votre achat immobilier ?

Frédérique Moles
Par Frédérique Moles - Mis à jour le 02/02/2026
6 min de lecture
Signature du compromis ou de la promesse de vente : décryptage

La signature du compromis ou de la promesse de vente représente une étape clé dans votre projet d'achat immobilier. 
Ces actes juridiques fixent en effet les conditions de la vente du bien que vous souhaitez acheter, et impliquent un certain nombre d’obligations pour le vendeur et vous. Il faut cependant bien faire la différence entre promesse et compromis de vente, ces deux actes ne donnant pas lieu aux mêmes obligations. 
Obligations du vendeur, garanties, droits de l’acheteur, situations particulières, rupture du contrat… Décryptage des engagements juridiques impliqués dans le compromis et la promesse de vente.

L'essentiel à retenir
  • Après accord avec le vendeur et avant la vente définitive du bien immobilier, vous pouvez signer une promesse de vente ou un compromis de vente.
  • La signature du compromis de vente peut s’effectuer soit chez le notaire, soit sous seing privé.
  • En tant qu’acheteur, vous disposez de 10 jours pour renoncer à la vente. Votre rétractation devra être notifiée au vendeur par lettre recommandée avec accusé de réception.
  • Le dossier de diagnostics techniques est obligatoire. Il doit contenir différents diagnostics selon la nature du logement, sa localisation ou encore sa date de construction.
  • Des conditions suspensives sont obligatoirement ajoutées au compromis de vente.
  • Signer chez le notaire présente de nombreux avantages (conseils d’un expert en immobilier, authentification du compromis) et quelques inconvénients (démarche plus longue et payante).

Qu’est-ce qu’une promesse de vente ?

Vous avez trouvé un accord avec le vendeur ? Il est temps de signer un avant-contrat pour fixer les conditions de la vente définitive. 

Deux choix s'offrent alors à vous pour cet avant-contrat : 

  1. Une promesse de vente 
  2. Un compromis de vente 

Bien qu’ils soient souvent confondus, le compromis et la promesse de vente d’un bien immobilier sont deux actes juridiques très différents. Voici ce qu’il faut savoir sur la promesse de vente.

Définition de la promesse de vente

La promesse de vente, comme son nom l’indique, est une promesse faite par le vendeur de vendre son bien immobilier au prix et selon les conditions fixées avec l’acheteur.

Cette option peut être choisie lorsque l’acheteur n’est pas sûr de conclure la vente. Cet acte permet ainsi à l’acquéreur de réserver le bien pendant une période donnée au cours de laquelle le vendeur ne peut céder le bien à quelqu’un d’autre. L’acquéreur garde alors la liberté de lever l’option pendant le délai imparti, autrement dit, de ne pas acheter le logement. 

Bon à savoir

Une promesse de vente doit faire l’objet d’un enregistrement auprès du service des impôts. Lorsque celle-ci est signée chez un notaire, c’est lui qui se charge de cet enregistrement : autrement, c’est au vendeur d’accomplir cette formalité.

Obligations du vendeur

En signant une promesse de vente, le vendeur s’engage à vendre le bien à l’acheteur. Il est donc dans l’obligation de vendre son bien au prix déterminé, au cours du délai imparti, sans pouvoir le proposer à un autre acquéreur.

Garanties et modalités de rupture

Au lendemain de la signature de l’acte (dans le cadre d’un acte notarié) ou de la présentation de la lettre recommandée (dans le cadre d’une signature sous seing privé), l’acquéreur dispose d’un délai de 10 jours pour se rétracter, et donc renoncer à la vente. En cas de rétractation, il doit alors le notifier au vendeur par lettre recommandée avec accusé de réception.

Bon à savoir

Si le dernier jour du délai de rétractation est un samedi, un dimanche, un jour férié ou un jour chômé, le délai est prolongé jusqu'au 1er jour ouvrable suivant.

Une fois le délai de rétractation écoulé, l’acquéreur a toujours la possibilité de renoncer à la vente, puisque celle-ci n’engage fermement que le vendeur. Attention cependant : à moins qu’il renonce à la vente en raison de la non-réalisation d’une clause suspensive, il risque alors de perdre l’indemnité de mobilisation versée pour réserver le bien.

La signature d’une promesse de vente peut en effet prévoir le versement d’une indemnité d’immobilisation par l’acheteur, de l’ordre de 5 à 10 % du prix du bien. Elle est obligatoire pour une promesse de vente valide de plus de 18 mois. 

De son côté, le vendeur n’a d’autre choix que d’attendre que le vendeur confirme son souhait d’acheter le bien : il ne peut vendre le bien à un autre acquéreur tant que la promesse de vente est valable, sous peine de poursuites.

Qu’est-ce qu’un compromis de vente ? 

Si le compromis de vente est souvent confondu avec la promesse de vente, celui-ci est beaucoup plus engageant pour l’acquéreur. Explications.

Définition du compromis de vente

Le compromis de vente est l’acte à privilégier lorsque le vendeur et l’acheteur sont sûrs de vouloir conclure la vente du bien en question. Contrairement à la promesse de vente, le compromis engage alors les deux parties à conclure la vente au prix et selon les conditions fixées.

Aux yeux de la loi, le compromis de vente vaut alors comme une vente, puisqu’il y a “accord sur la chose et le prix” (article 1589 du Code Civil).

Obligations du vendeur et de l’acheteur

En formant un engagement bilatéral, le compromis de vente engage fermement le vendeur et l’acquéreur à conclure la vente. Le vendeur est donc obligé de vendre le bien, et l’acquéreur obligé de l’acheter, sauf en cas de non-réalisation d’une condition suspensive (obtention d’un prêt immobilier ou d’un permis de construire, par exemple). 

D’un point de vue juridique, ce document de vente vaut comme une vente : il n’a donc pas besoin d’être enregistré pour avoir une valeur juridique.

Garanties et modalités de rupture

Tout comme la promesse de vente, le compromis de vente s’accompagne d’un délai de rétractation de 10 jours à compter de la signature, qui permet à l’acquéreur de renoncer à la vente sans justification ni pénalité.

La signature d’un compromis de vente peut s’accompagner du versement d’un dépôt de garantie comparable à l’indemnité d’immobilisation d’une promesse de vente. Il est généralement de 5 à 10 % du prix du bien et est obligatoire pour une vente longue de plus de 18 mois. Ce séquestre permet de sécuriser la vente et de dédommager le vendeur si l’acquéreur décide de rompre le compromis sans raison valable.

En cas de refus ou de désistement non lié à une condition suspensive, le vendeur comme l’acquéreur peut intenter une action en justice contre l’autre partie. Le compromis de vente est ainsi souvent complété d’une clause pénale, qui prévoit une exécution forcée de vendre ou d’acheter (selon quelle partie se désiste). En cas d’inexécution, cette clause pénale prévoit alors une somme à verser à titre de dommages et intérêts. 

Bon à savoir

Cette somme peut être revue à la hausse comme à la baisse par le juge.

Quels sont les avantages et inconvénients de chaque avant-contrat ?

La promesse de vente et le compromis de vente possèdent chacun leurs avantages et inconvénients pour le vendeur et l’acquéreur. Découvrez-les plus en détails.

Les avantages et inconvénients d’une promesse de vente

La promesse de vente n’engageant formellement que le vendeur, elle est plus avantageuse pour l’acquéreur qui dispose alors d’une plus grande flexibilité. Celui-ci peut donc changer d’avis et lever l’option sur le bien sans être inquiété, à moins qu’il ait versé une indemnité d’immobilisation au vendeur. Si c’est le cas, il perdra alors les sommes versées. 

De son côté, le vendeur sait qu’il peut compter sur cette indemnité en cas de désistement, mais qu’il ne peut pas engager de procédure contre l’acquéreur. Il est donc moins protégé qu’avec la signature d’un compromis.

Les avantages et inconvénients d’un compromis de vente

Le compromis de vente actant un engagement entre les deux parties, il protège à la fois le vendeur et l’acquéreur. Il présente donc l’avantage d’être plus sécurisant pour le vendeur tout en imposant un plus grand engagement au vendeur. Comme il fixe toutes les modalités de la vente, cet avant-contrat vaut vente : elle doit être finalisée dès que toutes les conditions suspensives sont levées.

Comment choisir entre promesse de vente et compromis de vente ? 

Le principal critère pour choisir entre compromis et promesse de vente est votre volonté d’acheter le bien. Si vous n’êtes pas sûr de vouloir acheter le bien pour diverses raisons (familiales, professionnelles), la promesse de vente vous permet de vous désengager sans justification. 

À l’inverse, si vous êtes sûr de votre projet, vous avez tout intérêt à signer un compromis de vente pour sécuriser la transaction et rassurer le vendeur. Notez que, même si la promesse de vente vous libère de l’obligation de vous justifier, vous serez contraint de verser l’indemnité d’immobilisation au vendeur en cas de désistement : la liberté a un prix !

Vous avez encore un doute sur la différence entre une promesse de vente et un compromis ? Pour vous aider à mieux comprendre, nous avons tout résumé dans le tableau ci-dessus : 

 Compromis de ventePromesse de vente
EngagementAcheteur et vendeurSeulement le vendeur
Forme juridiqueAuthentique ou sous seing privéAuthentique (souvent notariée)
EnregistrementFacultatifObligatoire
IndemnitéDépôt de garantieIndemnité d’immobilisation
Flexibilité pour l’acquéreurFaibleForte

Compromis et de la promesse de vente : aspects juridiques et fiscaux

Compromis et promesse de vente sont deux documents juridiques qui permettent de fixer les modalités d’une vente immobilière. Ils doivent donc contenir un certain nombre d’informations obligatoires.

Les mentions obligatoires

Le compromis de vente (comme la promesse de vente) doit contenir un certain nombre de mentions obligatoires, apportant des informations essentielles sur les parties, le bien et les conditions de vente : 

  • Les coordonnées du vendeur et de l'acquéreur ; 
  • L’adresse et la description du bien (équipements, annexes…) ; 
  • L’origine du bien (date du précédent acte de vente, nom du précédent propriétaire, acte notarié...) ; 
  • Des informations sur la copropriété ; 
  • Si la vente est effectuée grâce à une agence : montant des honoraires du professionnel chargé de la vente et à qui en incombe le paiement ; 
  • Le prix de vente et modalités de paiement (notamment, les caractéristiques du prêt immobilier) ; 
  • La date limite de signature de l'acte de vente définitif ; 
  • Des informations relatives aux conditions d'exercice du droit de rétractation ; 
  • Les conditions suspensives prévues.

Les annexes obligatoires

Le vendeur doit fournir à l'acheteur différents diagnostics techniques obligatoires en fonction des maisons ou des logements, et des régions : 

  • Le constat de risque d'exposition au plomb, 
  • L'état relatif à la présence de termites, 
  • L'état mentionnant la présence ou l'absence d'amiante, 
  • L'état des risques naturels, miniers et technologiques, 
  • Le diagnostic des performances énergétiques (DPE), 
  • L'état de l'installation intérieure de gaz, 
  • L'information sur la présence d'un risque de mérule, 
  • Le contrôle des installations d'assainissement non- collectif, 
  • L'état de l'installation intérieure d'électricité. ​

Ces diagnostics permettent à l'acquéreur d'avoir connaissance des éventuels risques que présente le logement qu'il s’apprête à acheter et éventuellement du prix à consacrer à l’évitement de ces risques.

Bon à savoir

Le nombre de diagnostics présents dans le dossier de diagnostics techniques dépend de la nature du bien, de sa localisation et de sa date de construction.

Certaines situations particulières impliquent l'ajout de documents obligatoires au dossier de promesse de vente ou de compromis. Pour un bien en copropriété, par exemple, le syndic devra fournir au notaire le compte-rendu des dernières assemblées générales.

Les clauses suspensives

Les conditions suspensives sont des clauses intégrées au compromis de vente, qui permettent de conditionner la conclusion de la vente à différents événements.  Elles peuvent être liées à des éléments financiers (obtention d'un crédit, vente d'un autre bien immobilier), administratifs (obtention d’un permis de construire, servitudes, droit de préemption) ou spécifiques au bien (accord de la copropriété pour des travaux ou pour la transformation d’un local professionnel en logement). 

  • En cas de réalisation de ces conditions, les deux parties seront invitées à signer l’acte authentique de vente chez le notaire. 
  • En cas de non-réalisation, le compromis sera considéré comme caduc, et les deux parties seront libérées du contrat qui les liait. 

Ces conditions suspensives cherchent principalement à protéger l’acquéreur : c’est donc à lui de demander leur ajout dans le compromis. Raison de plus de faire appel à un notaire pour rédiger votre compromis de vente ! Il saura vous conseiller et rédiger correctement toutes les clauses suspensives qui pourraient vous protéger.

Le rôle du notaire

La signature du compromis ou de la promesse de vente peut s’effectuer soit chez le notaire, soit sous seing privé. Le recours à un notaire est obligatoire pour les promesses de vente de plus de 18 mois. 

Lors d’une signature sous seing privé, l’avant-contrat est directement signé entre l'acheteur et le vendeur. Cependant, la signature de l'acte de vente définitif se fera obligatoirement chez le notaire, quelques mois plus tard.

Dans tous les cas, il est fortement recommandé de confier la rédaction d’une promesse ou d’un compromis de vente à un notaire. En signant votre compromis de vente chez le notaire, vous bénéficiez en effet de différents avantages :

  • Vous profitez des conseils d'un expert en immobilier,
  • Vous confiez la rédaction de votre acte à un professionnel du droit,
  • Vous authentifiez le document en lui donnant une force juridique.
  • Dans le cas d’une promesse de vente, vous n’avez pas à vous occuper de son enregistrement auprès du service des impôts.

​L’inconvénient principal réside dans le fait que la démarche est plus longue et plus coûteuse qu’une signature sous seing privé. 

Frédérique Moles
Par Frédérique Moles, Chef de projet marketing digital
Mis à jour le 02/02/2026 à 16:54
Frédérique a commencé sa carrière en 2011, se spécialisant dans le marketing pour le secteur immobilier. Au fil des années, elle a acquis une solide expérience et des connaissances approfondies dans ce domaine. En 2017, elle a rejoint CAFPI, élargissant son champ d’expertise pour inclure le crédit immobilier et l’assurance emprunteur. Sa contribution significative à ces domaines est démontrée par ses nombreux écrits sur ces sujets sur le site www.cafpi.fr. Actuellement, elle est en charge des activités digitales sur le site CAFPI, où elle continue de faire preuve de son expertise et de son engagement pour rendre accessible le monde parfois complexe du crédit immobilier et de l’assurance emprunteur. > Linkedin
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