Solutions pour une construction et une rénovation durable
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La crise du logement et l’état du marché immobilier incitent les professionnels à devenir force de proposition. Par exemple, le Club des penseurs SeLoger s’est récemment penché sur les questions de construction et de rénovation. Le besoin de rénovation durable du parc immobilier résidentiel est important. Pourtant les mesures des pouvoirs publics peinent à mobiliser et soutenir les acteurs privés.
État des lieux du marché immobilier
Le constat est simple sur les difficultés de logement des Français dans un bien économe en énergie.
Avec plus de 5 millions de passoires thermiques, un ménage sur 6 vit dans la précarité énergétique. Le parc locatif privé est constitué pour plus d’un tiers par des logements énergivores classés E, F ou G au DPE (diagnostic de performance énergétique).
La production de logements neufs subit une crise sans précédent sous l’effet conjugué de l’inflation et de la hausse des prix des matériaux. Ajoutons à cela les difficultés d’obtention de permis de construire ou la baisse du nombre d’acheteurs. La conséquence est immédiate : en 2024, seuls 258 000 logements ont fait l’objet d'une mise en chantier.
Simplifier pour relancer le secteur
Les professionnels souhaitent des mesures de simplification et de stabilité pour résorber cette crise inédite.
En particulier, ils réclament une pause dans les évolutions de certaines normes :
- La norme RE2020 pour la construction a déjà 3 renforcements actés en 2025, 2028 et 2031. La simplification des normes pour les constructions vertueuses d’un point de vue environnemental est impérative. Et l'objectif manque parfois de bon sens : une construction aux normes RE2020 n’est pas obligatoirement synonyme d’étiquette énergie A !
- MaPrimeRénov’, principale aide à la rénovation, a subi 3 modifications en 2024. Il devient difficile pour un propriétaire de s’y retrouver sans une certaine stabilité des aides à moyen terme.
- Le développement du bonus de constructibilité. Le rapport Rebsamen de 2021 évoquait l’élargissement des boni déjà en place pour construire sur des friches ou pour construire des logements sociaux. Les professionnels souhaitent inverser le processus légal en accordant le bonus de plein droit aux projets durables, sauf décision contraire votée par la commune.
D’autres pistes de simplifications sont évoquées notamment la simplification administrative des artisans labellisés RGE (reconnus garants de l’environnement).
Innover pour renforcer l’efficacité de la rénovation durable
L’innovation matérielle et fiscale est un puissant levier d’efficacité.
En matière de construction, l’innovation passe notamment par l’usage de matériaux vertueux, comme le bois.
Dans le domaine juridique, on peut penser à une majoration du prêt à taux zéro (PTZ) pour les logements neufs classés A au DPE. Son extension sur tout le territoire aux logements anciens aurait permis de développer la rénovation énergétique de ces logements.
Autre solution évoquée, une différenciation des interdictions de location des logements énergivores selon le territoire, comme c’est le cas en Outre-mer. Le coût d’achat d’un bien et de sa rénovation diffèrent nettement selon les communes. Il est dommage que certaines lois ne prennent pas en compte les disparités géographiques du territoire.
L’innovation fiscale devra passer par la création d’un statut incitatif de bailleur rénovateur. Cela pourrait aussi s’accompagner de mesures incitatives comme la baisse de la taxe foncière en cas de rénovation énergétique. L’État pourrait même les exonérer d’encadrement des loyers ou les autoriser à des plafonds majorés.
Les banques peuvent aussi jouer un rôle en conditionnant l’acceptation d’un crédit immobilier en fonction des vertus écologiques du projet d'acquisition.
De nombreuses solutions sont lancées. Aux pouvoirs publics de s’en saisir rapidement pour offrir aux Français des logements économes en énergie.
Mis à jour le 06/03/2025 à 11:17