Taux BCE maintenus : quelles conséquences pour le crédit immobilier ?
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La Banque centrale européenne (BCE) a décidé ce jeudi 24 juillet 2025 de maintenir ses taux directeurs inchangés, après sept baisses consécutives depuis le printemps 2024.
Une pause stratégique, dictée par les incertitudes géopolitiques – notamment la menace d’une guerre commerciale avec les États-Unis – alors même que l’inflation est enfin maîtrisée et que la croissance patine.
Que faut-il en retenir pour le crédit immobilier ? Est-ce le bon moment pour emprunter ? CAFPI décrypte.
Pourquoi la BCE n’a pas baissé ses taux en juillet ?
L’inflation annuelle dans la zone euro a atteint 2 % en juin, l’objectif officiel de la BCE. L’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) est restée stable à 2,3 %, à son plus bas niveau depuis janvier 2022.
Autre signal fort : la hausse des salaires ralentit fortement, avec un rythme de +1,7 % au T2 2025, contre +5,4 % un an plus tôt.
Ces indicateurs montrent que l’inflation est globalement maîtrisée, laissant à la BCE une marge de manœuvre pour assouplir encore sa politique. Pourtant, l’institution choisit d’attendre, notamment en raison des tensions commerciales grandissantes avec les États-Unis et du ralentissement des exportations.
Taux BCE au 24 juillet 2025
Les taux directeurs sont les outils de la BCE pour contrôler l’inflation et influencer le coût du crédit. Le taux de dépôt, en particulier, a un effet direct sur les taux bancaires.
- Taux de dépôt : 2,00 %
- Taux de refinancement : 2,25 %
- Taux de prêt marginal : 2,40 %
Crédit immobilier : les taux se stabilisent cet été
Du côté des emprunteurs, la tendance est à la stabilité. Les effets de la baisse des taux BCE de juin se font encore sentir, mais l’été reste une période d’attentisme pour les banques, traditionnellement marquée par une activité ralentie et peu de révisions de barèmes.
En moyenne, les taux des crédits immobiliers à 20 ans s’établissent autour de 3,15 %, avec des offres inférieures à 3 % pour les meilleurs profils. Un reflux notable par rapport aux 4,2 % observés fin 2023.
"La stabilisation des taux redonne un peu d’oxygène au marché, mais les banques restent prudentes. Les marges de négociation se resserrent, et les comités de crédit sont encore très sélectifs. Nous voyons réapparaître des profils primo-accédants ou investisseurs qui avaient disparu fin 2023. Mais le rebond reste fragile."
Caroline Arnould, Directrice générale de CAFPI
Les chiffres confirment cette reprise progressive : 7,6 milliards d’euros de crédits immobiliers neufs ont été accordés en juin, selon la Banque de France – loin des niveaux d’avant-crise. Les transactions, elles, stagnent autour de 840 000 ventes sur 12 mois, selon les notaires.
Acheter maintenant ou attendre ?
Les conditions actuelles restent favorables pour les acheteurs :
- Taux globalement stables
- Prix immobiliers contenus
- Mesures de soutien (PTZ élargi, dispositifs fiscaux)
Pour ceux qui disposent d’un bon dossier, l’été 2025 peut être un moment stratégique pour emprunter avant une possible remontée des prix à l’automne, si le crédit redémarre.
La BCE va-t-elle baisser ses taux en septembre ?
La BCE pourrait reprendre ses baisses de taux dès sa prochaine réunion en septembre, en s’appuyant sur les nouvelles projections économiques à venir.
La pression reste forte : croissance molle, salaires apaisés, inflation contenue, et un euro fort qui pèse déjà sur les exportations.
"Si une nouvelle baisse des taux était annoncée à l’automne, cela pourrait véritablement relancer la machine. Aujourd’hui, nous sommes à un point d’équilibre : les taux ne montent plus, les banques réétudient des profils, et les acheteurs reviennent. Mais il manque encore un déclencheur."
Caroline Arnould, Directrice générale de CAFPI
Certains experts estiment que le “taux terminal” est proche, mais qu’une dernière baisse pourrait intervenir à la rentrée pour prévenir un risque de sous-inflation.
"La pause de la BCE est une parenthèse stratégique. Mais elle ne doit pas devenir une pause d’attentisme. Les acteurs du financement sont prêts, les emprunteurs aussi. Il faut maintenant des signaux clairs pour redonner du souffle à un marché immobilier qui reste fragile."
Caroline Arnould, Directrice générale de CAFPI
Mis à jour le 24/07/2025 à 15:09