Baisse des taux de la BCE en juin 2025 : un nouveau signal fort pour l’économie européenne
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La Banque centrale européenne annonce ce 5 juin une nouvelle baisse de 25 points de base de son taux de dépôt, désormais fixé à 2,0 %. Il s'agit de la huitième baisse consécutive depuis juin 2024, dans un contexte où la BCE cherche à soutenir une économie fragilisée et à stabiliser l’inflation, tombée à 1,9 % selon les dernières données d’Eurostat. Christine Lagarde, présidente de la BCE, confirme une politique monétaire toujours dépendante des données économiques.
Une dynamique de reprise confortée
La baisse des taux renforce la dynamique enclenchée depuis plusieurs semaines. Les banques, encouragées par un coût de refinancement plus bas, assouplissent leurs conditions d’octroi, rendant les financements plus accessibles.
Chez CAFPI, on constate une nette reprise de la demande, en particulier chez les primo-accédants. « Cette orientation, couplée à des taux longs en repli (OAT 10 ans à 3,20 %), crée des conditions plus favorables à l’accès au financement », souligne Caroline Arnould, Directrice Générale de CAFPI.
Cette détente monétaire intervient alors que l’inflation est désormais considérée comme "suffisamment maîtrisée" par la BCE. L’institution table sur une inflation annuelle de 2 % en 2025, 1,6 % en 2026 et 2 % en 2027.
Les prix de l’énergie se sont nettement repliés depuis leur pic de 2022, les hausses de salaires sont restées contenues, et l’appréciation de l’euro face au dollar a permis de limiter le coût des importations.
Dans le même temps, la croissance reste poussive : le PIB de la zone euro ne devrait croître que de 0,9 % cette année, et les projections pour 2026 ont été revues à la baisse.
Taux directeurs de juin : une baisse prudente
Les trois taux directeurs de la BCE sont donc abaissés de 25 points de base en juin :
- Le taux de la facilité de dépôt passe à 2,00 % au lieu de 2,25 %
- Le taux de refinancement passe à 2,50 % au lieu de 2,50 %
- Le taux de la facilité de prêt marginal passe à 2,50 % au lieu de 2,75 %
Cette baisse vise à rendre le crédit plus attractif pour les entreprises comme pour les ménages, dans un contexte où la demande de financement reste modérée. Elle s’inscrit dans une volonté de la BCE de ne pas freiner inutilement une reprise encore fragile.
Des conditions de financement plus favorables
Les conditions de financement évoluent positivement. Les taux de juin 2025 moyens obtenus par CAFPI pour ses clients illustrent cette tendance :
- 3,04 % sur 15 ans
- 3,15 % sur 20 ans
- 3,28 % sur 25 ans
Les meilleurs profils bénéficient toujours de taux inférieurs à 3 % : 2,77 % sur 10 ans, 2,83 % sur 15 ans, ou encore 2,94 % sur 20 ans.
Cette détente sur les taux est également favorisée par le maintien de la confiance sur les marchés financiers. Les rendements obligataires poursuivent leur repli, tandis que les bourses européennes restent bien orientées.
À terme, cette baisse des taux directeurs pourrait continuer de se répercuter sur les taux d’intérêt bancaires, renforçant l’attractivité du crédit immobilier.
Une BCE prudente face aux incertitudes
La BCE reste prudente sur les perspectives économiques. L’institution met en garde contre l’impact des tensions commerciales, notamment liées aux droits de douane imposés récemment par l’administration américaine. Selon la BCE, ces mesures pèsent déjà sur la confiance et les investissements, même si une résolution diplomatique est envisagée.
« Une nouvelle aggravation des tensions commerciales au cours des mois à venir se traduirait par une croissance et une inflation inférieures aux niveaux ressortant des projections de référence », indique le communiqué.
La guerre commerciale relancée par Donald Trump complique la donne : la hausse des taxes sur l’acier, l’aluminium et potentiellement les exportations automobiles européennes pourrait faire grimper les coûts et peser sur la croissance.
Dans ce contexte, la BCE devra trouver un équilibre entre relance et stabilité des prix.
Le retour des primo-accédants
La demande repart à la hausse, notamment grâce au renforcement du PTZ.
Chez CAFPI, le nombre de dossiers traités progresse fortement depuis le début de l’année. « Les primo-accédants éligibles au PTZ ont plus que doublé sur les quatre premiers mois de l’année (+133 %). Ce retour des jeunes ménages sur le marché illustre une reprise en profondeur », explique Caroline Arnould.
La baisse de l’inflation et une meilleure stabilité des prix de l’immobilier dans certaines zones contribuent également à redonner du pouvoir d’achat aux acheteurs.
Un second semestre porteur d’espoir
La combinaison entre la nouvelle baisse des taux, le repli de l’OAT 10 ans, et la reprise de la demande crée un contexte favorable pour les mois à venir. « Les incertitudes internationales restent à surveiller, mais les fondamentaux sont là : le crédit redémarre, et avec lui, la confiance des ménages revient », ajoute Caroline Arnould.
Et ensuite ?
Les investisseurs anticipent une pause de la BCE dès juillet. Certains membres du Conseil des gouverneurs, réputés « hawkish », souhaitent attendre les effets concrets de la politique actuelle avant d’envisager une nouvelle baisse. La BCE a d’ailleurs abaissé ses prévisions d’inflation pour l’année prochaine.
Christine Lagarde a rappelé que les décisions seront prises "réunion par réunion", en fonction des données économiques. Certains analystes anticipent néanmoins d’autres baisses d’ici fin 2025, si la croissance reste molle et l’inflation contenue.
Cette tendance à la stabilisation, portée par la baisse des coûts de l’énergie et la vigueur de l’euro, devrait continuer à apaiser les pressions sur les prix. Les projections de moyen terme tablent sur un retour durable à l’objectif de 2 % d’ici 2027. Mais à court terme, la priorité reste de maintenir un cap clair dans un environnement économique mouvant.
La prochaine réunion du Conseil des gouverneurs aura lieu le 24 juillet.
Mis à jour le 06/06/2025 à 14:54