Prêt in fine : taux, avantages et conseils

Marc Pilette
Par Marc Pilette - Mis à jour le 16/07/2026
7 min de lecture
Le prêt In Fine

Le prêt in fine est un prêt non amortissable particulièrement adapté à l'investissement locatif. L'emprunteur rembourse uniquement les intérêts pendant toute la durée du prêt, puis restitue l'intégralité du capital en une seule fois à la dernière échéance. Généralement accordé aux très bons profils, il est soumis à des garanties différentes et offre des avantages spécifiques. À l’inverse, c’est aussi un crédit plus cher et moins accessible qu’un prêt amortissable. CAFPI, courtier en crédit immobilier, vous explique tout sur ce type de prêt spécifique.

L'essentiel à retenir
  • Le prêt in fine implique des paiements d'intérêts constants et un remboursement du capital à l'échéance. 
  • À la différence du prêt amortissable, le capital restant dû ne diminue pas tout au long du prêt. 
  • Les intérêts sont les seuls paiements durant la durée du prêt, avec des implications spécifiques pour les héritiers en cas de décès de l'emprunteur.
  • L'obtention d'un prêt in fine nécessite une évaluation approfondie de la solvabilité de l'emprunteur.
  • La banque exige des garanties renforcées : nantissement d'un placement (assurance-vie, PEA) ou hypothèque.
  • Le prêt in fine offre des avantages fiscaux, notamment la déductibilité des intérêts et une réduction potentielle de l'IFI.
  • Toutefois, il présente un risque financier accru et un coût total potentiellement supérieur en comparaison avec des prêts amortissables.
  • Il est particulièrement apprécié des investisseurs locatifs car il améliore le flux de trésorerie et optimise la gestion fiscale des investissements locatifs.
  • Renégocier ou racheter un prêt in fine peut offrir de meilleures conditions de prêt mais nécessite une évaluation minutieuse des coûts et avantages.

Pour en savoir plus sur le prêt in fine, vous pouvez également lire cet article : 

Remboursement d'un prêt in fine

Qu'est-ce qu'un prêt in fine et en quoi se distingue-t-il d'un prêt amortissable ?

Définition du prêt in fine

Un prêt in fine est un type de prêt où l'emprunteur paie uniquement les intérêts d’emprunt et l’assurance emprunteur. Le remboursement du capital emprunté intervient en une seule fois à l'échéance du prêt.

Dans le cas d’un prêt in fine, le montant des intérêts est constant, puisqu’ils sont calculés sur le montant initial du prêt.

Il n'existe pas de réglementation spécifique au prêt in fine : c'est un crédit immobilier dont seules les modalités de remboursement diffèrent. Toutefois, il est pertinent dans le cadre d'un investissement locatif. Le prêt in fine est rarement recommandé pour l'achat d'une résidence principale. 

Fonctionnement du prêt in fine

Le remboursement d'un prêt in fine se décompose ainsi :

  • pendant toute la durée du prêt : vous payez chaque mois les intérêts calculés sur le capital initial (qui ne diminue jamais), ainsi que l'assurance emprunteur.
  • à la dernière échéance : vous remboursez l'intégralité du capital emprunté, en une seule fois.

Durée, montant et taux du prêt in fine

La loi n’impose aucune durée minimale ou maximale spécifique pour le prêt in fine. Les durées des crédits immobiliers classiques s’appliquent donc (25 ans maximum). En pratique, le prêt in fine est généralement accordé pour une durée de 7 à 15 ans, plus rarement 20 ans.

Le montant dépend avant tout de la capacité de remboursement de l'emprunteur et des garanties apportées.

Le taux d'intérêt d'un prêt in fine est généralement supérieur de 0,5 à 1 point par rapport à un prêt amortissable de durée et montant équivalents. Cette majoration s'explique par le risque plus élevé supporté par la banque, qui ne récupère le capital qu'à l'échéance du prêt.

Comparaison avec le prêt amortissable

La décision entre un prêt in fine et un prêt amortissable dépend de plusieurs critères.

Un prêt in fine est souvent privilégié pour des investissements immobiliers à but locatif où les intérêts sont déductibles fiscalement et l'emprunteur dispose d'autres sources pour rembourser le capital. Il s'adresse aux investisseurs ayant une bonne capacité d'épargne et cherchant à minimiser leur charge mensuelle tout en maximisant les avantages fiscaux.

Le prêt amortissable, plus courant, convient mieux à ceux qui préfèrent une approche plus traditionnelle, où la dette diminue régulièrement jusqu'à être totalement remboursée à la fin du prêt. Il est adapté aux emprunteurs cherchant la sécurité de voir leur dette diminuer progressivement et qui n'ont pas nécessairement de stratégie fiscale associée à leur prêt.

Différences entre prêt in fine et crédit amortissable 

Le tableau ci-dessous résume les principales différences entre prêt in fine et crédit immobilier amortissable classique.

CritèrePrêt in finePrêt amortissable
ObjectifOptimiser la fiscalité d’un bien locatifAcquérir la propriété d’un bien immobilier
Profil emprunteurInvestisseur immobilierAcheteur (résidence principale ou secondaire)
Remboursement du capital empruntéEn une fois, en fin de prêtProgressif à chaque mensualité
Calcul des intérêtsSur le capital initial (constant)Sur le capital restant dû (dégressif)
Coût globalPlus élevé (taux et intérêts constants)Plus faible (intérêts dégressifs et taux plus intéressant)
MensualitéIntérêts et assuranceIntérêts, assurance et remboursement progressif du capital

Choisir entre prêt in fine et prêt amortissable : exemple

Pour un emprunt de 200 000 € sur 15 ans à un taux de 3,5 %, le prêt in fine génère une mensualité de 583 € sur 15 ans avec une dernière échéance de 200 583 €. Le coût total est de 105 000 €.

Un prêt amortissable génère une mensualité de 1 430 € sur 15 ans et le coût total s’élève à 57 400 € environ.

Le prêt in fine coûte donc plus cher. Toutefois, la déductibilité fiscale intégrale de ces intérêts peut compenser largement ce surcoût pour les investisseurs fortement imposés. En outre, les loyers alimentent un placement qui peut s’avérer très rentable. 

Prêt in fine et succession 

En cas de décès de l'emprunteur avant le terme du prêt in fine, la dette reste active. Plusieurs situations se présentent :

  • prêt in fine avec une assurance emprunteur couvrant le décès : l'assureur rembourse le capital restant dû à la banque. Le bien immobilier entre alors dans la succession, libre de toute dette. L'assurance emprunteur est donc un élément essentiel du montage.
  • prêt in fine sans assurance : les héritiers qui acceptent la succession reprennent les engagements de l'emprunteur, y compris le prêt in fine. Ils peuvent rembourser la dette avec les fonds de la succession, vendre le bien pour solder l'emprunt ou conserver le bien et prendre en charge les échéances restantes.
  • renonciation à la succession : les héritiers ne sont pas tenus de rembourser la dette.
Bon à savoir

L’assurance emprunteur d’un prêt in fine se calcule nécessairement sur le capital initial (puisque le capital restant dû est identique). Le coût peut donc être relativement élevé mais préserve les héritiers. 

Les conditions pour obtenir un prêt in fine

Évaluation du risque par la banque

L'évaluation du risque par la banque pour un prêt in fine est particulièrement rigoureuse car le capital n'est remboursé qu'à la fin du prêt.

  • La banque examine d'abord la solvabilité de l'emprunteur, en analysant ses revenus, ses dépenses, ses dettes existantes et sa capacité d'épargne.
  • Elle évalue aussi la valeur du bien immobilier concerné, souvent exigé comme garantie (hypothèque).
  • Un autre élément essentiel est le plan de l'emprunteur pour accumuler les fonds nécessaires au remboursement du capital, souvent via un placement ou une assurance vie dédiée.

Démarches de souscription

Pour souscrire à un prêt in fine, l'emprunteur doit fournir à la banque des documents démontrant sa solvabilité : fiches de paie, relevés bancaires, avis d'imposition, patrimoine existant, etc.

Il doit également présenter un plan de financement clair pour le remboursement du capital. La banque procédera à une évaluation de la propriété et peut exiger la souscription d'une assurance emprunteur.

Enfin, un contrat de prêt est rédigé, précisant les modalités de remboursement des intérêts, la durée du prêt et les conditions en cas de défaut de paiement.

Les garanties exigées pour un prêt in fine

Dans le cadre d’un prêt in fine, la banque exige des garanties supplémentaires par rapport à un prêt classique, en raison du risque accru dû au remboursement du capital en une seule fois à l'échéance.

Le nantissement

Le nantissement est la garantie la plus courante pour un prêt in fine. Il consiste à affecter un placement financier en garantie du crédit. En cas de défaut de paiement, la banque peut saisir les fonds placés.

Deux scénarios sont possibles :

  • Placement unique (nantissement intégral) : l'emprunteur dispose déjà d'un placement dont la valeur couvre 100 % du capital emprunté. Ce placement est bloqué au profit de la banque pendant toute la durée du prêt. L'emprunteur continue de percevoir les revenus du placement (intérêts, plus-values).
  • Placement progressif (nantissement avec alimentation régulière) : l'emprunteur ouvre un contrat dédié (assurance-vie, par exemple) et s'engage à y effectuer des versements réguliers. Un versement initial de l'ordre de 30 % du capital emprunté est généralement exigé. L'objectif est de disposer de 100 % du capital à l'échéance du prêt.
Bon à savoir

Le placement est bloqué tant que l'épargne n'excède pas le montant du capital restant dû. Tout retrait nécessite l'accord préalable de la banque.

L'hypothèque

L'hypothèque est une alternative moins fréquente. La banque prend une sûreté réelle sur le bien immobilier financé (ou sur un autre bien dont l'emprunteur est déjà propriétaire). En cas de défaillance, le bien pourra être saisi et vendu pour rembourser la dette.

Les avantages du prêt in fine

Le prêt in fine offre des avantages fiscaux et financiers significatifs, particulièrement dans le cadre de l'investissement locatif.

Déduction des intérêts d'emprunt

Les intérêts payés sont déductibles des revenus locatifs, ce qui peut réduire l'impôt sur le revenu (IR), comme le prévoit l’article 31 du Code général des impôts (CGI).

Avec un prêt in fine, les intérêts restent constants et sont calculés sur le capital initial pendant toute la durée du prêt. Le montant déductible est donc maximisé chaque année, contrairement à un prêt amortissable où les intérêts diminuent progressivement.

En régime réel d'imposition des revenus locatifs, si les intérêts d'emprunt (avec les autres charges) excèdent les loyers perçus, un déficit foncier est constaté. La fraction du déficit résultant des intérêts d'emprunt est imputable exclusivement sur les revenus fonciers des dix années suivantes.

Diminution de l’assiette de l’Impôt sur la fortune immobilière (IFI)

Le capital du prêt in fine n'est pas amorti avant la fin du prêt. L'emprunteur peut donc déduire un montant important dans le calcul de la valeur nette taxable de ses biens immobiliers, réduisant ainsi potentiellement l'IFI dû.

Nuance importante : pour les prêts in fine, l’article 974 II du CGI prévoit un mécanisme d'amortissement linéaire fictif de la dette déductible. Concrètement, la dette n'est pas déductible pour la totalité du capital : elle est diminuée, chaque année, d'une fraction égale au capital initial multiplié par le nombre d'années écoulées depuis le versement du prêt, divisé par la durée totale du prêt.

Exemple : pour un prêt in fine de 500 000 € sur 15 ans, la dette déductible à l'IFI sera de :

  • Année 1 (aucune année écoulée) : 500 000 €
  • Année 2 : 500 000 - (500 000 / 15) = 466 667 €
  • Année 10 : 500 000 - (500 000 × 9 / 15) = 200 000 €
  • Année 15 : 500 000 - (500 000 × 14 / 15) = 33 333 €

L'avantage IFI du prêt in fine, bien que réel, est donc dégressif dans le temps. 

Valorisation de l'épargne 

L'épargne placée en nantissement du prêt, souvent une assurance-vie, produit des intérêts pendant toute la durée du crédit. Si le rendement du placement est supérieur au coût du crédit après avantage fiscal, l'opération est doublement gagnante.

Augmentation de la capacité d'endettement

Le prêt in fine, avec sa mensualité réduite aux seuls intérêts et assurance emprunteur, pèse moins sur le taux d'endettement, plafonné à 35 % des revenus.

L'emprunteur conserve ainsi une marge d'endettement pour financer d'autres projets personnels ou professionnels.

Les inconvénients et risques du prêt in fine

Coût total élevé

Les intérêts sont calculés sur le capital initial pendant toute la durée du prêt et le taux est généralement majoré. Le coût global de l'opération est donc significativement plus élevé qu'un prêt amortissable, comme nous l’avons vu dans l’exemple ci-dessus. 

Risques lors du remboursement

L'emprunteur doit être en mesure de rembourser 100 % du capital en une seule fois à l'échéance.

Si l'épargne nantie a subi des pertes en raison des fluctuations des marchés financiers, le montant capitalisé pourrait être insuffisant. Il faudra alors vendre en urgence le bien immobilier pour rembourser le capital.

Ainsi, ces risques nécessitent une gestion prudente et une planification financière rigoureuse pour éviter des difficultés significatives au terme du prêt.

Conditions d’octroi exigeantes

La banque exige un profil financier solide, avec un patrimoine significatif et un apport initial généralement de l'ordre de 30 % du capital emprunté pour le nantissement.

Immobilisation de l’épargne

Le placement nanti est bloqué pendant toute la durée du prêt. L'emprunteur ne peut pas en disposer librement sans l'accord de la banque.

Profil et capacité d'endettement des emprunteurs pour un prêt in fine

Profil d'emprunteur : investisseur immobilier

Le fonctionnement particulier du prêt in fine en fait un crédit idéal pour l’investissement locatif.

L’investisseur place alors une partie des loyers perçus sur le compte épargne ou l’assurance-vie désigné par la banque pour y disposer des fonds nécessaires pour le remboursement du capital une fois le prêt arrivé à échéance.

Pendant ce temps, comme il ne paie que l’assurance et les intérêts de son prêt, il n’a pas à s’inquiéter du remboursement de son crédit.

Les contribuables assujettis à l’Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI) sont les plus susceptibles d’être avantagés par ce type de prêt.

Capitaux propres et apport personnel

Concernant la capacité d'endettement, le prêt in fine a un impact significatif car il ne requiert le remboursement du capital qu'à la fin du prêt.

Grâce à ses mensualités basses, le prêt in fine peut permettre de réaliser un investissement locatif autofinancé tout en bénéficiant d’avantages fiscaux importants. Il est donc parfaitement indiqué aux ménages fortement imposés, qui souhaitent réaliser un investissement locatif tout en réduisant leurs impôts.

Cela peut améliorer le flux de trésorerie de l'emprunteur sur le court terme en réduisant les mensualités dues.

Cependant, cela nécessite que l'emprunteur ait une stratégie solide pour accumuler ou disposer des fonds nécessaires au remboursement du capital à l'échéance, sans quoi il pourrait faire face à un risque financier élevé.

Renégociation et rachat du prêt in fine

La renégociation ou le rachat d'un prêt in fine est possible, mais ces 2 options présentent certaines particularités.

  • La renégociation : Cela implique de négocier avec la banque actuelle pour modifier les modalités du prêt, généralement pour bénéficier de taux d'intérêt plus bas ou de conditions de paiement plus favorables.
    Dans le contexte d'un prêt in fine, la renégociation peut viser à réduire le taux d'intérêt, ce qui diminue les charges financières périodiques.
    Toutefois, les banques peuvent être réticentes à renégocier ce type de prêt en raison de son risque élevé et de sa complexité, notamment si l'évaluation du bien immobilier ou la situation financière de l'emprunteur a changé de manière significative.
  • Le rachat de prêt in fine : Il s'agit de faire racheter le prêt par un autre établissement financier.
    Le rachat peut être motivé par la recherche de meilleures conditions de prêt, notamment un taux d'intérêt plus bas, ou un besoin de restructuration de dettes.
    Le rachat d’un prêt in fine peut aussi être envisagé si l’emprunteur trouve une offre avec des garanties ou des conditions de remboursement plus adaptées à sa situation financière actuelle.

Dans les deux cas, l'emprunteur doit évaluer les coûts associés à ces opérations, tels que les pénalités de remboursement anticipé, les frais de dossier et les frais de notaire. Le transfert du nantissement peut engendrer des frais si le nouveau prêteur exige un déplacement de l'épargne vers l'un de ses propres supports.


Toutes les banques ne proposent pas de prêt in fine et les conditions d’octroi varient selon les établissements. Faire appel à un courtier CAFPI est particulièrement utile pour comparer les différentes options et s’assurer de la rentabilité de l’investissement.

Marc Pilette
Par Marc Pilette, Directeur marketing
Mis à jour le 16/07/2026 à 16:46
Marc travaille depuis 2007 à l'intersection du digital, de la banque et de l'immobilier. Responsable du pôle digital d'une agence de marketing, il a accompagné pendant près de dix ans de grands comptes des secteurs bancaire et immobilier (Caisse d'Épargne, Nexity, BPCE, Crédit Foncier) sur leur stratégie digitale. Il rejoint CAFPI en 2017 comme responsable de la stratégie digitale du groupe, avant d'être nommé directeur marketing en 2023. Il pilote aujourd'hui la stratégie de contenus du site cafpi.fr et suit quotidiennement l'évolution des taux de crédit, de la réglementation (HCSF, taux d'usure, loi Lemoine) et du marché immobilier, en lien avec les courtiers du réseau et les porte-paroles du groupe > Linkedin
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