DPE : la réforme va reclasser 700 000 logements, quels effets sur l’immobilier ?
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Longtemps perçu comme un simple indicateur, le diagnostic de performance énergétique (DPE) est devenu un critère central du marché immobilier. Vente, location, financement : son impact est désormais bien réel.
Avec la réforme récente de son mode de calcul, près de 700 000 logements pourraient changer de classement énergétique, sans travaux réalisés. Une évolution réglementaire qui interroge et pourrait avoir des effets concrets sur le marché immobilier.
Réforme du DPE : ce qui change dans le mode de calcul
Le DPE, un indicateur désormais incontournable
Le DPE évalue la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre d’un logement, en le classant de A à G.
Au fil des réformes, il est devenu opposable juridiquement et conditionne aujourd’hui :
- La mise en location de certains biens,
- La valeur perçue d’un logement à la vente,
- L’accès à certains financements ou aides à la rénovation.
Une correction ciblée du calcul, notamment pour l’électricité
La réforme récente vise à corriger certains biais du DPE, en particulier pour les logements chauffés à l’électricité.
Jusqu’ici, le mode de calcul pénalisait ces biens en raison d’un coefficient de conversion jugé défavorable, les classant parfois en passoires thermiques malgré une isolation correcte.
Les ajustements apportés modifient cette prise en compte, rendant le diagnostic plus cohérent avec la consommation réelle.
Un nouveau classement sans modification du logement
Résultat : certains logements voient leur étiquette énergétique s’améliorer mécaniquement, sans qu’aucun travaux n’ait été réalisé.
Ce changement purement méthodologique explique pourquoi la réforme peut avoir des effets immédiats sur le marché.
700 000 logements reclassés : qui est concerné ?
Des profils de biens bien identifiés
Les logements principalement concernés par ce reclassement présentent des caractéristiques communes :
- Petites surfaces, souvent des appartements,
- Bâtiments anciens,
- Chauffage électrique individuel,
- Biens situés majoritairement en zone urbaine.
Ce sont précisément ces logements qui avaient été fortement pénalisés par les anciennes règles du DPE.
Des propriétaires directement impactés
Ce sont surtout les propriétaires bailleurs qui sont concernés par cette évolution. Certains biens, auparavant classés F ou G, pourraient sortir du statut de passoire thermique et échapper aux restrictions de location prévues par la loi.
Pour les vendeurs, cette amélioration du classement peut aussi renforcer l’attractivité du bien sur le marché.
Des conséquences concrètes pour la vente et la location
Un meilleur DPE peut permettre :
- De remettre un logement sur le marché locatif,
- D’élargir le nombre d’acheteurs potentiels,
- De sécuriser un projet de financement immobilier.
Autant d’éléments qui influencent directement les décisions des ménages.
Quels impacts sur le marché immobilier ?
Des logements qui réapparaissent sur le marché
Avec cette réforme, certains logements jusqu’ici contraints pourraient faire leur retour sur le marché, notamment à la location.
Dans un contexte de tension sur l’offre, cela pourrait apporter un léger rééquilibrage, en particulier dans les grandes villes.
Des ajustements possibles sur les prix et les loyers
Un DPE plus favorable peut aussi entraîner :
- Une revalorisation des prix de vente pour les biens reclassés,
- Une stabilisation, voire une hausse des loyers autorisés.
Toutefois, ces évolutions resteront très dépendantes de la localisation et de la qualité globale du logement.
Un nouveau critère dans les choix des acquéreurs
Acheteurs et investisseurs continuent d’intégrer le DPE dans leurs arbitrages. Même reclassé, un logement énergivore sur le plan réel pourra rester moins attractif face à un bien rénové.
Le DPE reste un indicateur parmi d’autres, mais son influence est désormais durable.
DPE : une réforme qui relance le débat
Une correction jugée nécessaire par ses défenseurs
Pour les partisans de la réforme, il s’agit avant tout d’une mise à niveau technique, visant à rendre le DPE plus juste et plus cohérent avec les usages réels.
Ils estiment que certains logements étaient injustement pénalisés, freinant inutilement leur mise sur le marché.
Des critiques sur le fond écologique
À l’inverse, certains observateurs soulignent qu’un meilleur classement sans rénovation ne réduit ni la consommation réelle, ni l’empreinte carbone des logements.
La crainte : brouiller le message autour de la transition énergétique et ralentir les investissements dans les travaux.
Un enjeu central pour la politique du logement
Cette réforme remet en lumière une question de fond : quelle place donner au DPE dans la politique du logement ?
Entre outil de régulation du marché, levier écologique et critère financier, son rôle continue d’évoluer, avec des effets très concrets pour les ménages.
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Mis à jour le 09/01/2026 à 10:14