DPE : la réforme va reclasser 700 000 logements, quels effets sur l’immobilier ?

Marc Pilette
Par Marc Pilette - Mis à jour le 09/01/2026
2 min de lecture
DPE : la réforme va reclasser 700 000 logements, quels effets sur l’immobilier ?

Longtemps perçu comme un simple indicateur, le diagnostic de performance énergétique (DPE) est devenu un critère central du marché immobilier. Vente, location, financement : son impact est désormais bien réel.
Avec la réforme récente de son mode de calcul, près de 700 000 logements pourraient changer de classement énergétique, sans travaux réalisés. Une évolution réglementaire qui interroge et pourrait avoir des effets concrets sur le marché immobilier.

Réforme du DPE : ce qui change dans le mode de calcul

Le DPE, un indicateur désormais incontournable

Le DPE évalue la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre d’un logement, en le classant de A à G.
Au fil des réformes, il est devenu opposable juridiquement et conditionne aujourd’hui :

  • La mise en location de certains biens,
  • La valeur perçue d’un logement à la vente,
  • L’accès à certains financements ou aides à la rénovation.

Une correction ciblée du calcul, notamment pour l’électricité

La réforme récente vise à corriger certains biais du DPE, en particulier pour les logements chauffés à l’électricité.
Jusqu’ici, le mode de calcul pénalisait ces biens en raison d’un coefficient de conversion jugé défavorable, les classant parfois en passoires thermiques malgré une isolation correcte.

Les ajustements apportés modifient cette prise en compte, rendant le diagnostic plus cohérent avec la consommation réelle.

Un nouveau classement sans modification du logement

Résultat : certains logements voient leur étiquette énergétique s’améliorer mécaniquement, sans qu’aucun travaux n’ait été réalisé.
Ce changement purement méthodologique explique pourquoi la réforme peut avoir des effets immédiats sur le marché.

700 000 logements reclassés : qui est concerné ?

Des profils de biens bien identifiés

Les logements principalement concernés par ce reclassement présentent des caractéristiques communes :

  • Petites surfaces, souvent des appartements,
  • Bâtiments anciens,
  • Chauffage électrique individuel,
  • Biens situés majoritairement en zone urbaine.

Ce sont précisément ces logements qui avaient été fortement pénalisés par les anciennes règles du DPE.

Des propriétaires directement impactés

Ce sont surtout les propriétaires bailleurs qui sont concernés par cette évolution. Certains biens, auparavant classés F ou G, pourraient sortir du statut de passoire thermique et échapper aux restrictions de location prévues par la loi.

Pour les vendeurs, cette amélioration du classement peut aussi renforcer l’attractivité du bien sur le marché.

Des conséquences concrètes pour la vente et la location

Un meilleur DPE peut permettre :

  • De remettre un logement sur le marché locatif,
  • D’élargir le nombre d’acheteurs potentiels,
  • De sécuriser un projet de financement immobilier.

Autant d’éléments qui influencent directement les décisions des ménages.

Quels impacts sur le marché immobilier ?

Des logements qui réapparaissent sur le marché

Avec cette réforme, certains logements jusqu’ici contraints pourraient faire leur retour sur le marché, notamment à la location.
Dans un contexte de tension sur l’offre, cela pourrait apporter un léger rééquilibrage, en particulier dans les grandes villes.

Des ajustements possibles sur les prix et les loyers

Un DPE plus favorable peut aussi entraîner :

  • Une revalorisation des prix de vente pour les biens reclassés,
  • Une stabilisation, voire une hausse des loyers autorisés.

Toutefois, ces évolutions resteront très dépendantes de la localisation et de la qualité globale du logement.

Un nouveau critère dans les choix des acquéreurs

Acheteurs et investisseurs continuent d’intégrer le DPE dans leurs arbitrages. Même reclassé, un logement énergivore sur le plan réel pourra rester moins attractif face à un bien rénové.
Le DPE reste un indicateur parmi d’autres, mais son influence est désormais durable.

DPE : une réforme qui relance le débat

Une correction jugée nécessaire par ses défenseurs

Pour les partisans de la réforme, il s’agit avant tout d’une mise à niveau technique, visant à rendre le DPE plus juste et plus cohérent avec les usages réels.
Ils estiment que certains logements étaient injustement pénalisés, freinant inutilement leur mise sur le marché.

Des critiques sur le fond écologique

À l’inverse, certains observateurs soulignent qu’un meilleur classement sans rénovation ne réduit ni la consommation réelle, ni l’empreinte carbone des logements.
La crainte : brouiller le message autour de la transition énergétique et ralentir les investissements dans les travaux.

Un enjeu central pour la politique du logement

Cette réforme remet en lumière une question de fond : quelle place donner au DPE dans la politique du logement ?
Entre outil de régulation du marché, levier écologique et critère financier, son rôle continue d’évoluer, avec des effets très concrets pour les ménages.

Chez CAFPI, nos experts accompagnent les particuliers dans l’analyse de leur situation et l’optimisation de leur financement, dans un contexte réglementaire en constante évolution.

Marc Pilette
Par Marc Pilette, Directeur marketing
Mis à jour le 09/01/2026 à 10:14
Marc a commencé sa carrière en 2007, se spécialisant dans le secteur bancaire et immobilier. Il a travaillé pour de grands groupes comme la Caisse d’Epargne ou Nexity, apportant son expertise sur ces domaines. Depuis 2017 chez CAFPI, Marc est directeur marketing. Il fait des contributions significatives en rédigeant sur des sujets tels que le crédit immobilier et le rachat de crédits. Au-delà d’apporter une expertise, ses écrits ont pour objectif d’aider nos lecteurs à naviguer dans ces domaines complexes. > Linkedin
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