Assurance emprunteur et maladie cardiaque

Frédérique Moles
Par Frédérique Moles - Mis à jour le 07/11/2024
7 min de lecture
Assurance emprunteur et maladie cardiaque

L'obtention d'un prêt immobilier passe quasi-systématiquement par la souscription d'une assurance emprunteur. Mais cardiopathie et assurance de prêt immobilier sont-elles compatibles ? Est-il possible de souscrire à une assurance de crédit immobilier avec une maladie cardiaque ? Pourquoi une maladie cardiaque est-elle considérée comme un risque aggravé de santé ? Comment bien remplir le questionnaire de santé de l’assureur dans le cadre d’une cardiopathie ? CAFPI répond à vos questions.

L'essentiel à retenir
  • Obtenir une assurance emprunteur avec une maladie cardiaque peut être complexe et coûteux, en raison de la perception élevée du risque par les assureurs.
  • Les traitements et interventions cardiaques, tels que le pontage coronarien ou les pacemakers, influencent fortement les conditions et le coût de l'assurance emprunteur.
  • L'âge et la gravité de la maladie cardiaque déterminent l'assurabilité et le coût de l'assurance emprunteur, avec des primes plus élevées et des exclusions pour les cas plus graves ou chez les personnes âgées.
  • Déclarer honnêtement et précisément votre maladie cardiaque dans le questionnaire de santé est indispensable pour obtenir une couverture adéquate et éviter la nullité du contrat en cas de sinistre.
  • Vous devez fournir des rapports médicaux détaillés, des résultats d'examens et une lettre de votre cardiologue pour appuyer votre déclaration de maladie cardiaque dans le questionnaire de santé.
  • Les assureurs peuvent imposer des exclusions de garanties ou des surprimes en fonction de la gravité de votre maladie cardiaque, rendant nécessaire une compréhension claire de votre contrat.
  • Soyez transparent, comparez les offres et informez-vous sur vos droits pour optimiser votre assurance emprunteur malgré une maladie cardiaque.
  • L'assureur propose une offre d'assurance basée sur l'évaluation du risque, incluant souvent des surprimes et des exclusions spécifiques, avec la possibilité de négocier ou de solliciter un courtier pour de meilleures conditions.
  • La convention AERAS et la loi Lemoine facilitent l'accès à l'assurance emprunteur pour les personnes avec un risque aggravé de santé, en proposant des conditions adaptées et des droits renforcés.
  • En cas de refus, explorez d'autres assureurs, utilisez la délégation d'assurance et consultez la convention AERAS pour trouver une solution adaptée.

Comprendre l'impact d'une maladie cardiaque sur l'assurance prêt immobilier

Lorsque l'on souffre d'une maladie cardiaque, obtenir une assurance emprunteur pour un prêt immobilier peut devenir un véritable défi.

Les assureurs évaluent rigoureusement le risque lié à la santé de l'emprunteur pour déterminer les conditions de l'assurance. Une maladie cardiaque est souvent perçue comme un risque élevé, ce qui peut entraîner des primes d'assurance plus élevées, des exclusions de garantie ou même un refus de couverture.

Les assureurs prennent en compte divers facteurs tels que l'historique médical, le type de maladie cardiaque, les traitements suivis, et les éventuelles complications.

Il est indispensable pour les emprunteurs souffrant de maladies cardiaques de fournir des informations médicales détaillées et précises pour permettre une évaluation juste du risque.

Par ailleurs, certains dispositifs comme la convention AERAS (S'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) en France, permettent d'améliorer l'accès à l'assurance pour les personnes présentant des risques de santé élevés, en facilitant la recherche de solutions adaptées.

Les traitements et interventions cardiaques influençant les conditions d'assurance

Les traitements et interventions cardiaques jouent un rôle essentiel dans l'évaluation des conditions d'assurance emprunteur : des traitements médicamenteux réguliers, des interventions chirurgicales comme le pontage coronarien ou l'implantation de stents, et des dispositifs tels que les pacemakers ou défibrillateurs implantables peuvent tous influencer la perception du risque par l'assureur.

Par exemple, un patient ayant subi un pontage coronarien pourrait être considéré comme présentant un risque plus élevé, affectant ainsi les conditions et le coût de l'assurance.
En revanche, une personne dont la maladie est bien gérée grâce à une médication efficace et une surveillance médicale régulière pourrait bénéficier de conditions plus favorables.

Les emprunteurs doivent absolument fournir des rapports médicaux détaillés et actualisés, incluant les traitements en cours, les interventions subies et les suivis médicaux, ces informations permettant aux assureurs de mieux évaluer le risque réel et de proposer des conditions adaptées, potentiellement moins onéreuses et plus inclusives.

Comment l'âge et la gravité de la maladie affectent l'assurabilité et le coût

L'âge de l'emprunteur et la gravité de la maladie cardiaque sont des facteurs déterminants pour l'assurabilité et le coût de l'assurance emprunteur : 

  • Les personnes âgées sont généralement considérées comme présentant un risque accru de complications cardiaques, ce qui se traduit souvent par des primes d'assurance plus élevées ou des exclusions de garanties.
  • De même, la gravité de la maladie cardiaque, évaluée à travers des critères tels que la fréquence et la sévérité des symptômes, les hospitalisations passées et les interventions chirurgicales nécessaires, impacte directement les conditions d'assurance.

Par exemple, un emprunteur jeune avec une maladie cardiaque stable et bien contrôlée peut obtenir des conditions d'assurance plus favorables qu'un emprunteur plus âgé avec des antécédents de crises cardiaques récurrentes.
C’est pourquoi les emprunteurs se doivent de présenter un dossier médical complet et récent, illustrant une gestion efficace de la maladie, pour améliorer leurs chances d'obtenir une couverture adéquate et à un coût raisonnable.

Des outils comme la convention AERAS peuvent également offrir des options supplémentaires pour ceux confrontés à des difficultés d'assurabilité en raison de leur âge ou de la gravité de leur condition.

Comment déclarer votre maladie cardiaque dans le questionnaire de santé de l'assurance emprunteur ?

Déclarer une maladie cardiaque dans le questionnaire de santé de l'assurance emprunteur est une étape incontournable pour obtenir une couverture adéquate et éviter les complications futures.
Soyez transparent et précis lors de cette déclaration.

Le questionnaire de santé comprend généralement des questions sur vos antécédents médicaux, les traitements en cours, les interventions chirurgicales passées et votre état de santé actuel.

Fournir des réponses complètes et exactes permet aux assureurs de bien évaluer le risque associé à votre profil et d'établir des conditions d'assurance adaptées.

Toute omission ou fausse déclaration peut entraîner la nullité du contrat d'assurance en cas de sinistre. 
Préparez donc cette étape avec soin, éventuellement avec l'aide de votre médecin traitant, afin de rassembler tous les éléments nécessaires pour une déclaration exhaustive.

Les documents médicaux nécessaires

Lors de la déclaration de votre maladie cardiaque dans le questionnaire de santé, vous devrez fournir plusieurs documents médicaux pour appuyer vos réponses : 

  • Rapports médicaux détaillant votre diagnostic,
  • Traitements en cours,
  • Résultats des examens cardiaques (comme les électrocardiogrammes, échocardiogrammes, tests d'effort, etc..),
  • Comptes rendus opératoires si vous avez subi des interventions chirurgicales,
  • Résultats de tests sanguins récents,
  • Compte rendu d'une hospitalisation si applicable.

Il est également utile de fournir une lettre de votre cardiologue décrivant l'évolution de votre condition, les perspectives de traitement et la stabilité de votre état de santé.
Ces documents permettent aux assureurs de mieux comprendre votre situation médicale et de prendre des décisions éclairées concernant votre couverture.

Les exclusions et surprimes possibles

Les assureurs peuvent imposer des exclusions ou des surprimes en raison de votre maladie cardiaque.

  • Une exclusion signifie que certaines affections ou événements liés à votre maladie cardiaque ne seront pas couverts par votre assurance emprunteur. Par exemple, si vous avez des antécédents d'infarctus, l'assureur pourrait exclure la couverture des nouveaux incidents cardiaques.
  • Les surprimes, quant à elles, sont des majorations de votre prime d'assurance en raison du risque accru que vous représentez pour l'assureur. Le montant de la surprime dépendra de la gravité de votre condition, de votre âge, et de votre historique médical.

Pour éviter toute mauvaise surprise, étudiez attentivement votre contrat et discutez avec votre assureur pour clarifier les éventuelles exclusions et surprimes. Dans certains cas, il peut être possible de négocier ou de trouver une assurance plus adaptée à travers des dispositifs comme la convention AERAS.

Bon à savoir

Lorsque vous souscrivez une assurance emprunteur avec une maladie cardiaque, soyez bien au courant de quelques points essentiels : 

  • Tout d'abord, la transparence est primordiale : une déclaration honnête et complète de votre état de santé évite les mauvaises surprises en cas de sinistre.
  • Ensuite, comparez les offres d'assurance. Chaque assureur a ses propres critères d'évaluation des risques, et les conditions peuvent varier considérablement d'un prestataire à l'autre.
  • Il peut être bénéfique de faire appel à un courtier CAFPI qui connaît bien les problématiques liées aux maladies cardiaques et peut vous orienter vers les assureurs les plus flexibles.
  • Enfin, informez-vous sur vos droits. La convention AERAS, par exemple, facilite l'accès à l'assurance pour les personnes présentant un risque aggravé de santé, en imposant certaines obligations aux assureurs pour proposer des couvertures adaptées. Être bien informé et préparé vous permettra de naviguer plus sereinement dans le processus de souscription et d'obtenir une assurance emprunteur qui répond à vos besoins.

La proposition de l'assureur suite au questionnaire médical

Après avoir rempli le questionnaire médical, l'assureur évalue votre profil de risque et propose une offre d'assurance emprunteur adaptée à votre situation. Cette proposition peut inclure des conditions spécifiques basées sur les informations fournies concernant votre maladie cardiaque.

  • Tout d’abord, l’assureur peut proposer une assurance de prêt conforme au devis initialement réalisé car il juge la maladie bénigne.
  • Il peut aussi imposer des surprimes, qui sont des majorations de la prime d'assurance dues au risque accru que représente votre état de santé.
  • Des exclusions de garanties peuvent également être appliquées, limitant la couverture pour certains événements liés à votre condition cardiaque.
  • Par ailleurs, l'assureur peut proposer des garanties conditionnelles, nécessitant des suivis médicaux réguliers pour maintenir la couverture.
  • Enfin, il peut également décider de refuser la prise en charge de l’emprunteur présentant un cas de risque aggravé de santé.  

Lisez attentivement la proposition et assurez-vous de bien comprendre les termes et conditions avant de l'accepter. Vous avez la possibilité de négocier les termes avec l'assureur ou de consulter un courtier CAFPI pour obtenir une offre plus favorable. En cas de refus d'assurance ou de conditions inacceptables, la convention AERAS peut offrir des alternatives pour vous permettre d'accéder à une couverture adaptée.

La convention AERAS et la loi Lemoine : comprendre les dispositifs d'aide

Les dispositifs comme la convention AERAS (S'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé) et la loi Lemoine ont été mis en place pour faciliter l'accès à l'assurance emprunteur des personnes présentant un risque aggravé de santé, tel qu'une maladie cardiaque.
Ces mesures visent à garantir une équité d'accès à l'assurance et à alléger les conditions souvent strictes imposées par les assureurs.

La convention AERAS permet d'accéder à une assurance emprunteur sous des conditions adaptées même pour des maladies graves ou chroniques. Pour bénéficier de cette convention, il faut remplir certains critères concernant le montant et la durée de l'emprunt. Lorsque les niveaux standards d'assurance ne suffisent pas, la convention propose des niveaux intermédiaires et spécifiques pour offrir une couverture malgré les risques élevés.

Niveau 1 : standard

Le niveau 1 de la convention AERAS correspond à l'analyse des risques standards.
Si votre dossier médical ne présente pas de complications sévères et que vous respectez certains critères de santé, l'assureur évalue votre demande selon des critères standards. Ce niveau permet d'obtenir une assurance sans surprimes excessives ni exclusions de garanties majeures, sous réserve que la maladie soit bien contrôlée et stable.
Les emprunteurs répondant aux critères standards peuvent bénéficier d'une couverture similaire à celle des personnes sans risque aggravé.

Niveau 2 : intermédiaire

Le niveau 2 intervient lorsque votre demande ne peut être acceptée dans le cadre du niveau 1.
Dans ce cas, le dossier fait l'objet d'une analyse plus personnalisée et des examens médicaux complémentaires peuvent être demandés. Cette étape permet de proposer des conditions d'assurance améliorées par rapport aux conditions initiales, en tenant compte de l'avis de spécialistes.
Des surprimes et des exclusions peuvent être appliquées.

Niveau 3 : spécifique

Le niveau 3 est destiné aux cas les plus complexes, lorsque les niveaux 1 et 2 ne permettent pas de trouver une solution d'assurance adéquate.
Le dossier est alors soumis à un “pool” de réassureurs spécialisés dans les risques aggravés de santé pour trouver des solutions sur mesure.
Ce niveau offre une personnalisation accrue de la couverture, bien qu’il puisse encore comporter des surprimes et des exclusions.
Cependant, un refus d’assurance est toujours possible.

Bon à savoir

Adoptée en 2022, la loi Lemoine renforce les droits des emprunteurs en réduisant notamment le droit à l'oubli pour certaines pathologies (de 10 à 5 ans), permettant ainsi à certaines maladies de ne plus être déclarées après une période de rémission.
Elle facilite aussi la résiliation et le changement d’assurance emprunteur à tout moment, offrant ainsi plus de flexibilité pour rechercher des offres plus avantageuses.

Les solutions et alternatives pour souscrire malgré une maladie cardiaque

Souscrire une assurance emprunteur avec une maladie cardiaque peut être compliqué, mais il existe plusieurs solutions et alternatives pour y parvenir.

La délégation d'assurance est une option importante : elle permet de choisir une assurance différente de celle proposée par la banque prêteuse.
Cela permet de comparer les offres et de trouver une couverture plus adaptée et souvent moins coûteuse.

Les garanties minimales obligatoires sont un autre point important.
Elles incluent généralement les garanties décès et invalidité, mais peuvent être adaptées selon les besoins et les risques spécifiques de l'emprunteur.

En explorant des solutions alternatives, comme la convention AERAS ou en consultant des courtiers spécialisés, les emprunteurs peuvent trouver des assurances qui acceptent de couvrir leur condition, même avec des surprimes ou des exclusions spécifiques.

Le processus de comparaison et de choix de l'assurance adaptée

Comparer et choisir une assurance adaptée à sa situation médicale nécessite une approche méthodique : 

  • Commencez par collecter plusieurs devis auprès de différents assureurs, en prenant en compte les garanties offertes, les exclusions, et les surprimes éventuelles.
  • Vérifiez les avis des clients et les évaluations des compagnies d'assurance pour vous assurer de leur fiabilité.
  • Utiliser des comparateurs en ligne peut faciliter ce processus en fournissant une vue d'ensemble rapide des options disponibles.
  • Une fois les devis comparés, lisez attentivement les conditions générales et particulières des contrats pour éviter les mauvaises surprises en cas de sinistre.

Comment un courtier peut aider dans la comparaison et le choix

Un courtier en assurance emprunteur peut être d'une grande aide pour comparer et choisir l'assurance la plus adaptée à une personne avec une maladie cardiaque car les courtiers disposent d'une connaissance approfondie du marché des assurances et des différentes offres disponibles.

Le courtier pourra vous aider à décrypter les termes techniques des contrats et à comprendre les implications des exclusions et des surprimes.

Il pourra en outre vous diriger vers des assureurs plus adaptés qui pourront vous proposer des conditions plus favorables.

En travaillant avec un courtier, vous bénéficiez donc d'un accompagnement personnalisé et de conseils adaptés à votre situation, ce qui augmente vos chances de trouver une assurance emprunteur qui couvre adéquatement vos besoins tout en respectant votre budget.

Que faire en cas de refus d'assurance de crédit immobilier ?

En cas de refus d'assurance de crédit immobilier, il est important de ne pas se décourager et d'explorer d'autres options, notamment dans le cadre de la convention AERAS. En effet, celle-ci engage les banques à accepter des solutions alternatives pour garantir le prêt immobilier des emprunteurs présentant un risque aggravé de santé.

Parmi ces alternatives, il est possible de :

  • Utiliser un contrat d'assurance-vie déjà souscrit.
  • Donner en gage à la banque un portefeuille de valeurs mobilières (actions, obligations, OPCVM, etc.).
  • Prendre une hypothèque sur un autre bien immobilier.

De plus, faire appel à d'autres compagnies d'assurance en utilisant la délégation d'assurance permet de rechercher des assureurs spécialisés dans les risques aggravés de santé.

Si ces démarches ne donnent pas de résultats, un recours peut être envisagé pour obtenir une réévaluation de la demande d'assurance.

Le cas particulier des anciens malades

Les anciens malades, notamment ceux ayant guéri de maladies graves, peuvent rencontrer des difficultés spécifiques pour souscrire une assurance emprunteur.

La loi Lemoine, introduite en 2022, a renforcé le droit à l'oubli pour ces personnes, leur permettant de ne pas déclarer certaines pathologies après une période de rémission.

Ce dispositif facilite l'accès à l'assurance en supprimant les surprimes et les exclusions après un certain délai. Pour bénéficier de ces avantages, les anciens malades doivent se renseigner sur les délais spécifiques de droit à l'oubli et fournir les preuves médicales nécessaires pour attester de leur guérison.

Frédérique Moles
Par Frédérique Moles, Chef de projet marketing digital
Mis à jour le 07/11/2024 à 15:29
Frédérique a commencé sa carrière en 2011, se spécialisant dans le marketing pour le secteur immobilier. Au fil des années, elle a acquis une solide expérience et des connaissances approfondies dans ce domaine. En 2017, elle a rejoint CAFPI, élargissant son champ d’expertise pour inclure le crédit immobilier et l’assurance emprunteur. Sa contribution significative à ces domaines est démontrée par ses nombreux écrits sur ces sujets sur le site www.cafpi.fr. Actuellement, elle est en charge des activités digitales sur le site CAFPI, où elle continue de faire preuve de son expertise et de son engagement pour rendre accessible le monde parfois complexe du crédit immobilier et de l’assurance emprunteur. > Linkedin
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